mardi 18 décembre 2012

Rythmes scolaires 2


Chers amis,

Ces dernières semaines, les déclarations concernant la réforme des ryhtmes scolaires à l'école primaire se sont multipliées. Comme depuis quelques semaines, je me permets de faire le point des derniers éléments de la situation.

Certaines communes ont annoncé leur volonté de passer à la semaine de quatre jours et demi dès septembre 2013. Il s'agit d’Angers et Nantes par exemple. L'agglomération brestoise (8 communes autour de Brest) ira de façon collective également et l'a fait savoir par courrier au Ministre. La ville de Paris a ajouté 5 millions d’euros supplémentaires à son budget 2013 pour la mise en place pour la période septembre-décembre 2013.
De son côté, l'Association des maires ruraux de France (AMRF) s'est prononcée en faveur de la réforme dans l'intérêt des élèves, de l'Ecole et d'une meilleure articulation du scolaire et du périscolaire.

Mais une négociation financière continue. D'autres grandes villes ont estimé ne pas avoir le budget nécessaire et donc insisté pour que sur les 250 millions d'euros promis par François Hollande pour la réforme, une part leur soit réservée. De même, l'ANEM (Association nationale des élus de montagne) pose comme condition à la mise en oeuvre de la réforme la compensation intégrale de son coût par "la solidarité nationale", soit l'Etat. Pour la FCPE, cette dotation de 250 millions a bel et bien été décidée afin d'aider les communes en difficulté, du fait de leur petite taille, de leur éloignement ou de leurs faibles ressources fiscales. Il serait donc normal que l'essentiel du montant alloué leur revienne.
 
Nous vous rappelons que depuis 2008, certaines communes, dont les villes de Toulouse, Poitiers, Niort ... ont fait le choix de la semaine de 4 jours et demi et ne sont bien évidemment pas pour autant en faillite. Elles ont fait le choix d'arbitrer certains budgets en faveur de l'Ecole et de l'éducation. Ces choix, nous les voulons partout.

Face à ce mouvement en faveur des enfants, d'autres agissent et font aussi pression.
Ainsi, les sections départementales de certains syndicats enseignants ont envoyé un courrier aux collectivités et aux CDPE afin de réclamer que les décisions concernant la réforme des rythmes scolaires se prennent au niveau de chaque conseil d'école. Nous n'y sommes pas favorables, car nous savons que nous n'aurons mathématiquement jamais la majorité en conseil d'école face aux enseignants.
Nous vous rappelons que cette méthode est celle de Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos. Elle a permis d'empêcher une remise en cause de la semaine de quatre jours depuis 2008 sauf dans de rares exceptions et de maintenir ainsi la majorité des écoles dans la pire organisation pour les enfants.
A Paris, une manifestation est prévue ce mercredi 19 décembre pour le retrait de tout projet de réforme des rythmes par les sections de tous les syndicats enseignants -excepté le Sgen- pour exprimer leur refus de travailler le mercredi matin avec une réduction de la journée le reste de la semaine.
Coté villes, le maire de Nice a annoncé sa volonté de ne pas mettre en place la réforme.

Mais nous pouvons et devons encore agir.
La FCPE de Seine-Saint-Denis a demandé à être reçue par tous les députés du département pour discuter de la nécessité de réformer l'organisation des temps de l'enfant.
Nous devons continuer de réunir les parents, contacter les élus, organiser la pression pour que cette réforme voit le jour. L'écriture dans l'annexe du projet de loi d'orientation et de programmation d’un passage sur les rythmes est pour nous un point d'appui. Il faut que le décret que nous attendons soit ferme. La réforme est pour 2013 et les moyens annoncés seront consacrés à cette date. Seules les villes qui ne peuvent pas feront attendre les enfants jusqu’en 2014.
Pour nous, l'objectif de l'aménagement des temps éducatifs des enfants est bien d'améliorer les conditions de vie et d'apprentissage des élèves avant tout.

Nous vous rappelons que la France est le pays où les écoliers ont les journées de travail les plus chargées et les semaines les plus courtes, le tout s'articulant sur un nombre de semaines lui-même plus restreint, que la France recule dans les études internationales autant dans les résultats sur les apprentissages que sur le bien être à l’Ecole.

Mais nous savons que la semaine de 4 jours a aussi considérablement dégradé les conditions de travail des enseignants, de l'aveu même de bon nombre d'entre eux, leur imposant des journées beaucoup plus denses et éprouvantes et une course contre le temps très insatisfaisante sur le plan pédagogique.

Nous avons aussi enregistré récemment deux avancées sur le calendrier scolaire.
Au précédent CSE, l'unanimité s'était faite contre le projet de calendrier 2013-2014. Nous avons donc continué notre pression car une véritable réforme des temps scolaires ne peut écarter la modification de l'année scolaire. Nous nous sommes donc félicités de l'inscription dans la loi de la perspective (non datée) d’une évolution sur ce point.
De plus, quatre (parmi les plus importantes) fédérations des professionnels du tourisme ont publié un communiqué de presse la semaine passée pour réclamer des modifications du calendrier scolaire annuel, invoquant le fait que la réduction des vacances d'été est nécessaire aussi pour assurer l'égalité d'accès aux vacances et acceptant le principe de l’alternance 7/2.

La pression continue. Il n'est pas question de lâcher quoi que ce soit !
La complémentarité entre nos rencontres nationales et vos rencontres aux niveaux départemental et local sont essentielles pour aboutir pour les enfants d'abord!

Bien cordialement,

Jean-Jacques HAZAN,
Président

samedi 15 décembre 2012

Newsletter n°20

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Lettre n°20 - Décembre 2012
Faire que cette quinzaine soit celle des enfants !
Refonder l’Ecole, changer en profondeur de la relation pédagogique, asseoir sérieusement l’arrêt des notes des devoirs du redoublement, construire un réel parcours d’orientation avec le dernier mot aux élèves et à leurs parents, imposer une obligation de résultats à l’Ecole obligatoire devenue ainsi Ecole fondamentale, assurer une égale dignité à touts les filières du lycée, tout cela est en germe dans le projet de loi d’orientation qui nous a été dévoilé début décembre et qui sera présenté au Conseil supérieur de l’éducation et au Conseil économique, social et environnemental avant le Conseil des ministres en janvier.
Mais, il va nous falloir encore travailler, amender, proposer, convaincre pour que cette loi, une fois votée, soit une véritable base pour une refondation qui dépassera de loin la simple mandature actuelle.
Passer de l’Ecole d’aujourd’hui à l’Ecole bienveillante, juste et efficace est un long chemin qui ne sera sûrement pas tranquille. Le premier écueil est d’ailleurs déjà connu : les errements sur les rythmes scolaires. Certains ont subitement oublié de quoi il est question dans une telle réforme.
Répétons-le : il s’agit de refonder les temps scolaires des élèves et, au-delà, les autres temps éducatifs. Il s’agit bien sûr à partir de cela d’améliorer leurs conditions de travail et d’apprentissage, d’articuler au mieux les temps et de laisser place a une vraie coéducation qui remplace les actuelles injonctions de l’Ecole en direction des parents que sont les devoirs et la pression liée aux notes et au redoublement.
La base de cette refondation des temps, ce sont les temps des enfants, pas ceux des adultes, ni parents, ni enseignants, ni autres.
Tout le monde y trouvera de l’intérêt dans l’amélioration de la réussite de tous, dans la moindre fatigue accumulée, dans la baisse de pression, dans la sécurisation affective qui redonne confiance en soi.
A cet égard, cette quinzaine sera décisive. Des décisions doivent être annoncées qui inviteront tout le monde à une nouvelle répartition du temps scolaire sur 5 jours par semaine dès septembre 2013.
Renoncer serait dramatique pour les élèves.
Rien ne sera pire pour les enfants que la situation d’aujourd’hui qui résulte de la régression de la mandature Sarkozy. Il ne faut pas l’oublier !
Les rencontres avec les élus, et en particulier les maires, se multiplient un peu partout pour obtenir leur engagement dans cette réforme indispensable. Continuons notre mobilisation !